PRINTEMPS.
C'est l'allégresse, je me répète, je vais bien. Le mois de mai dernier revit, après l'apogée d'avril en février, ça va de soi. C'est le déjà-vu qu'on découvre. Je ne cherche pas à comprendre, on a la classe, je veux mon honneur. Sophie ou la stagnation parfaite, j'ai exactement la même moyenne qu'au premier trimestre, sans rien faire, je ne me plains pas, je vais en cours en touriste, j'apprécie marcher quand il fait encore froid le matin, la rosée printanière, la cigarette du matin et voir les gens arriver, dégustant mon pain au chocolat d'un air endormi. Prendre un bon bouquin pour m'échapper un peu du cours, et émerger à la sonnerie, regarder frénétiquement mon portable, habitude. Croiser la seconde famille dans les couloirs, improviser les sorties même en semaine, retrouver l'herbe et le bord de l'Oise, les pâtes au lardons, le soleil encore faible, et l'air doux à 19heures. L'été est à l'aube, moi aussi. La nuit a été courte et le soleil au zénith il a y a quelque temps dans la forêt, sur les toits glacés ou sous la pluie, vers l'inconnu. Mais je reprends mes vieux démons, liberté, esquisses exaltantes. Il n'y a rien d'impossible, ni d'improbable, et je suis optimiste. C'est le grandnimportequoi, je trimballe mon spleen et mon euphorie partout, j'alterne, j'ai la forme lorsque le volume est à 28, je ne suis jamais seule et je m'empiffre de noix de cajou. C'est la période la plus bizarre, mais pas déplaisante pourtant. Les montagnes russes encore, tant qu'on ne retourne pas au mois de novembre. J'ai pris le car à vingt-trois heures vendredi soir , j'avais l'impression de partir loin, et les gens parlaient, parlaient, mais je n'écoutais pas, pas par misanthropie mais par pure satisfaction. Mon portable sent le feu de bois. Je dors le moins possible, sauf en cours de littérature. Mes textes se ressemblent quand je relis mon blog les rares soirs de grands ennuis, mais pourtant, j'ai beaucoup changé je crois. J'ai envie de machiavélisme et de liaisons dangereuses. Les nuits sont parfois tristes et font claquer mes volets tout de même. La semaine de la rentrée était ma léthargie, mon hiver. On va dire que je suis de retour.
Listen : The Killers & Lou Reed _ Tranquilize <3.